Syndrome de l’intestin irritable : enfin des traitements efficaces

Syndrome de l’intestin irritable : enfin des traitements efficaces
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C’est un véritable défi médical, longtemps négligé faute de test diagnostic et d’examens approfondis chez un gastro-entérologue. Mais il y a des avancées!

Syndrome de l’intestin irritable : on fait le point

Plus de 4 millions de Français souffrent de troubles fonctionnels intestinaux, de côlon irritable ou encore de colite spasmodique.

On parle de syndrome de l’intestin irritable (SII). Les manifestations sont essentiellement digestives : douleurs dans l’abdomen, pesanteur, spasmes, ballonnements, gaz. Ces troubles sont souvent associés à des modifications de la fréquence et de l’aspect des selles : une constipation, une diarrhée ou une alternance des deux, selon les «caprices» des muscles intestinaux. «Les médecins considèrent qu’il s’agit effectivement d’un SII quand la personne est sujette à au moins deux de ces symptômes sur un mode chronique, soit plus d’un jour par semaine, depuis au moins six mois», indique le Pr Jean-Marc Sabaté, gastro-entérologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Attention, si l’alternance diarrhée-constipation survient brutalement, il faut consulter pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un problème plus sérieux.

Une flore intestinale perturbée

«Il peut s’agir d’un déséquilibre du microbiote (ou flore fécale), appelé dysbiose, précise le Pr Gabriel Perlemuter, chef du service hépato-gastro-entérologie et nutrition à l’hôpital Antoine-Béclère, à Clamart.

Le microbiote abrite 100000 milliards de bactéries, de 500 à 1000 espèces différentes, et sa composition est, pour les deux tiers, propre à chaque individu. Autres origines possibles: des modifications de la motricité de l’intestin ou de sa perméabilité (suite à un stress ou à une infection), une inflammation au niveau de la paroi à proximité de terminaisons nerveuses, ou des acides biliaires irritants. Causes auxquelles s’ajoutent des interactions complexes et permanentes entre le tube digestif, son microbiote et le système nerveux central.

C’est pourquoi les personnes stressées développent plus facilement un SII. Sur ce terreau «prédisposé», il suffit d’une gastro, d’une infection ou d’un traitement antibiotique qui bouleverse la flore pour déclencher la maladie. Et du stress à répétition pour l’entretenir…

Un régime alimentaire spécifique

La première étape du traitement consiste à exclure, pendant 6 à 8 semaines, les FODMAPs (sucres non digé- rés par les bactéries intestinales). Sont principalement concernés les aliments comme les laits, fromages frais, blé, seigle, orge, légumes secs, artichaut, asperge, ail, oignon, abricots, pêches, pommes, pistaches, sucre, miel, édulcorants (en «ols»), vins, sodas édulcorés ou non, pour ne citer qu’eux… Puis, on les réintroduit, un par un, pour juger de la tolérance et ainsi déterminer les aliments déconseillés, pour la paix de son intestin! Un nouveau probiotique Une fois l’intestin soulagé, il faut nourrir le microbiote avec des probiotiques.

Ces micro-organismes vivants – bactéries et levures essentiellement – contribuent à sa santé quand ils sont ingérés en quantités adéquates. Le dernier en date, le Bifidobacterium infantis 35624®, développé par le laboratoire Biocodex (l’Ultra-levure, c’était déjà lui!), améliore l’ensemble des symptômes du SII. On complète avec des aliments préparés par fermentation bactérienne comme le yogourt, le kéfir, les cornichons, etc., ou bien avec des compléments alimentaires composés de bifidobactéries et/ou lactobacilles.

 

2018-05-30T11:05:26+00:00

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